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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/159

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COLIN-MAILLARD.


quer la chance d’être vue, au point de te glacer et d’essuyer la plus humiliante mortification ?

Limecœur. — Quelle raison avait-elle de douter si je suis généreux ?

Madame Durut. — Tu vaux beaucoup trop pour elle : il ne faut à cette femme qu’un factotum, un bon diable qui voulût bien, en voyage, se charger de mille soins et faire sans répugnance la nuit un galant service.

Limecœur. — Sans répugnance ! je l’aurais trouvé ravissant ; n’en a-t-elle pas déjà fait l’épreuve ?

Madame Durut. — Fort bien, mais quand on y voit ! Bénis plutôt la Providence, voici de quoi te désenchanter : c’est le gage qu’on m’a chargée de te remettre du cher souvenir de ton aveugle tendresse et de la reconnaissance éternelle qu’on voue à tes excellents procédés. (Elle produit en même temps une bonbonnière d’écaille blonde, à cercles d’or étoilés, sur le couvercle de laquelle est fort bien peinte une figure bizarre, horriblement camarde, avec deux gros yeux ronds et une large bouche.) C’est