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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/158

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LES APHRODITES


sans me faire avertir qu’elle s’échappait ? Je suis un homme perdu ! Ce scélérat de Figaro, je le mets en poussière ! (Il est furieux.)

Madame Durut. — Tu es fou, mon cher Limecœur !… mais d’un mot je vais remettre ta pauvre tête : cette femme est laide à faire frémir.

Limecœur (avec feu). — Impossible !

Madame Durut. — Un monstre, te dis-je !

Limecœur. — Oui, d’astuce et de cruauté ! après des moments si doux !

Madame Durut. — De là justement naît ta disgrâce ; te voyant du caractère, sentant qu’il lui serait ridicule de prétendre à fixer un homme de ta tournure, et dont elle m’a dit du bien !… Oh ! du moins n’est-elle pas ingrate !

Limecœur. — Eh ! que m’importe son éloge ? elle m’assassine en me louant !

Madame Durut. — Calme-toi. Ne trouvant pas chez toi l’étoffe dont on fait un sot complaisant à l’épreuve de la difformité, triomphant d’un moment d’illusion, tel que peut-être elle n’aura de sa vie le bonheur de faire renaître le pareil, devait-elle ris-