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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/157

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COLIN-MAILLARD.


mon cher. L’invisible s’en va grand train vers Paris, et c’est cette nuit même qu’elle part pour l’Allemagne. Elle était si pressée que son carrosse lui ayant manqué, elle se sert sans façon de ton cabriolet[1]… N’es-tu pas bien heureux ?

Limecœur (avec transport). — Oui, sans doute, car Figaro n’a pas manqué de monter derrière. Je saurai pour le coup…

Madame Durut. — Prrr ! comme cette cervelle trotte ! Figaro, s’enivrant au tournebride avec la valetaille, ne s’est pas seulement aperçu qu’on dérangeait ta voiture. Quelqu’un d’ici le remplace et ramènera bien vite le cabriolet, ton invisible m’ayant promis de n’aller avec que jusqu’à la barrière, où elle prendra le premier fiacre pour se rendre à son hôtel.

Limecœur (accablé). — Il est noir, celui-là, Durut vous venez de m’assommer, de me tuer. Comment ! vous consentez à cet arrangement funeste sans me prévenir,

  1. Ici madame Durut tutoie. Elle est naturellement familière, mais dans cette occasion-ci elle ruse. Il s’agit d’attraper Limecœur : elle affecte à dessein d’outrer l’amitié.
  I.
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