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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/144

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LES APHRODITES



marquise a pris celle de Limecœur, madame Durut, laissant la clef du masque, se retire et enferme les acteurs.

La Marquise (avec douceur, tenant dans ses mains celle de Limecœur). — Prenez place à côté de moi. Je ne vous gronde pas de vos scrupules ; un galant homme peut en avoir ; mais (lui pressant la main) pourquoi soupçonner, au péril d’être injuste, une femme qu’on ne connaît point, du projet de déshonorer celui dont elle attend sa sûreté et ses plaisirs ? Cruel Limecœur ! vous avez voulu mettre une barrière entre nous, je la respecterai, mais je suis offensée. Il me faut une vengeance. (Avec tendresse.) Méchant ! elle sera de te donner des regrets. (Elle lui donne un baiser, dont on ne doit pas oublier que la conformation des masques laisse à tous deux l’entière liberté.)

Limecœur (avec feu). — Ah, madame,

    boyaux comme une raquette de paume, n’a qu’un matelas parfaitement moyen entre la mollesse et la dureté, un traversin pour soutenir la tête d’une personne, et un dur bourrelet pour appuyer les pieds de l’autre. On a trouvé bon de nommer fouteuse cette espèce de duchesse, d’abord parce que duchesse et fouteuse sont synonymes, ensuite parce qu’on nomme dormeuse une voiture où l’on peut dormir, causeuse une chaise où l’on cause, etc.