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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/140

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LES APHRODITES


ques glaces… Attendez,… apportez-moi à tout hasard… un masque de vieille,… non,… un demi-masque à la vénitienne… Allez.

Madame Durut se retire en emmenant Belamour.


Limecœur est bien content de l’audience dont on vient lui annoncer la faveur. Cependant, la cérémonie du masque ne

    tes des joues et les tempes, laisse voir d’ailleurs la naissance des cheveux, l’ovale du visage, la forme du nez et la bouche en entier ; mais à l’endroit des yeux il n’a point d’ouverture. C’est proprement pour priver de la vue, sans défigurer ni gêner, comme le fait un mouchoir, que ce masque fut imaginé. On l’applique à toute personne, n’importe de quel sexe, qui doit subir un examen. Il est à ressort comme les portefeuilles, et organisé de manière qu’on ne peut soi-même s’en délivrer. Il faut une clef que madame Durut, seule en possession de poser cette sorte de masque, a soin de remettre à qui il convient, afin que, selon le jugement, la personne examinée puisse recouvrer l’usage des yeux, ou soit renvoyée sans en avoir joui. — Les examinateurs usent aussi, selon l’occasion, d’une espèce de masque, à leur disposition, plus ou moins trompeur, à proportion de l’intérêt qu’ils peuvent avoir à se rendre indéchiffrables. — La marquise, dans cette aventure-ci, prend elle-même un masque, mais fort découpé (pour que ses beaux yeux puissent au besoin jouer avec tous leurs charmes) et qui laisse la bouche absolument libre : un masque moins commode nuirait à ses vues du moment.