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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/131

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OÙ EN SOMMES-NOUS ?

La Marquise (froidement). — Non ; mon Médor est mûr, la barbe lui pousse, et il trousse déjà toutes les filles du quartier. Je vais le reléguer à l’écurie.

Madame Durut. — Je voudrais une place de ce genre pour mon Loulou, que je réforme (elle s’attendrit) et ce n’est pas sans bien du regret.

La Marquise. — Vous êtes folle, Durut ; tout le monde se plaignait de ce petit malotru. L’Enginière m’en parlait encore il y a deux jours. Qu’a-t-il donc fait pour perdre votre extrême faveur, qui seule le soutenait envers et contre tous ?

Madame Durut. — Il s’est permis une rébellion abominable. C’est, j’en jurerais, un fichu jacobin[1] déguisé, qui le voit ici deux ou trois fois par semaine, et qui l’aura dégoûté de mon service pour l’attirer chez lui.

La Marquise (avec effroi). — Vous venez de me glacer ! Prenez garde, au moins, ma chère Durut. Ici des jacobins ! Si la peste se déclare une fois dans cet asile du plaisir,

  1. Non pas un dominicain, mais un de ces Jacques Clément (ou incléments) du Manége.