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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/127

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OÙ EN SOMMES-NOUS ?


de coucher madame la marquise sur notre registre, elle avait bien voulu s’humaniser parfois avec ses laquais.

La Marquise (sans humeur). — Eh bien ! qu’est-ce que cela prouve ? Vous aviseriez-vous de mettre en parallèle nos gens, élégants, jolis garçons, stylés la plupart du temps par nous-mêmes, avec des étrangers, des automates, c’est le mot ?

Madame Durut. — J’avoue n’avoir pas d’abord saisi cet objet par le beau côté.

La Marquise. — La main à la conscience, ma chère Durut, avouez-moi que, même en France, il n’y a pour le boudoir que le militaire et la haute livrée. Tout le reste est à faire pitié… Quelquefois encore les talents se font distinguer, mais tous ces illustres sont si capricieux, si gâtés, et d’ailleurs si peu propres à la chose ! Le chanteur craint d’affaiblir sa poitrine, le danseur ménage ses jambes et craint de ne pouvoir s’enlever. Un bel esprit, ne m’en parlez pas ! Dans les bras d’une femme il chantonne un hémistiche, et si quelque rime longtemps implorée lui survient, il quitte son travail pour courir la mettre en écrit… Mais lais-