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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/125

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OÙ EN SOMMES-NOUS ?

Madame Durut. — Au contraire, une nuance de plus il serait relevé.

La Marquise. — Cela parle-t-il ?

Madame Durut. — Allemand, oui ; il commence à jurer passablement en français.

La Marquise (ironiquement). — Comment donc ! vous me parlez là d’un petit seigneur bien aimable !

Madame Durut (avec finesse). — Il faut le voir quand il est monté.

La Marquise. — Vous êtes folle, ma chère Durut ; que voudriez-vous que je fisse d’un ivrogne, moi qui les déteste ?

Madame Durut. — Oh ! mais celui-ci ne boit pas par défaut ; c’est par régime, par nécessité…

La Marquise. — La soif est donc chez cet homme une maladie ?

Madame Durut. — Non pas, mais au contraire un principe de santé. Il faut que monsieur de Widebrock ait bu pour qu’il se souvienne qu’il est au monde,… autrement on le croirait en léthargie. Vers la troisième bouteille, son âme, qui s’est cachée on ne sait où pendant les heures d’inaction, recommence à vivifier la matérielle enve-

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