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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/118

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LES APHRODITES

Célestine (donnant la clef). — La voilà, mais je gage qu’ils se seront mis sous la sauvegarde des verrous, et ils auront fait à merveille.

En effet, la clef tournée, la porte ne s’ouvre point. En vain madame Durut l’agite avec violence, s’estropie à force de frapper des pieds et des poings : l’heureux couple demeure tranquille. Pour lors, la Durut, partant comme un trait, va chercher assistance ; mais avant son retour Célestine, secrète protectrice de tout intérêt libertin, a fait évader les bons enfants, leur conseillant d’aller se cacher séparément, jusqu’à ce que cette importante affaire se soit un peu civilisée. À peine sont-ils en sûreté que madame Durut rentre, suivie d’un aide-jardinier muni d’une hache.

Madame Durut (de loin encore et toujours en fureur). — Qu’on me jette cette porte en dedans, tout de suite !

Célestine (gaiement). — Ce n’est pas la peine ; les moineaux sont dénichés. (Au jardinier.) Gervais, retirez-vous. (Il obéit.) Que de bruit, ma sœur ! De la vilaine jalousie à l’occasion d’un morveux de domestique ! tu perds l’esprit.