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Page:Nerciat - Les Aphrodites, 1864.djvu/115

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L’ŒIL DU MAÎTRE.

Célestine (avec humeur), Il s’agit bien, ma foi, d’avoir ce souci. Apaise-toi, et m’écoute. (Elle baisse un peu la voix.) Imagines-tu donc qu’une fille née dans un climat brûlant, et qui depuis deux ans ne cesse d’éponger, manier, caresser tous les engins qui viennent s’ébattre céans, va demeurer insensible comme un terme, et n’aura jamais envie de se le faire mettre ?

Madame Durut. — Fichu raisonnement ! Ne dirait-on pas que la coquine chôme ! Se passe-t-il une semaine sans qu’elle soit plus ou moins enfilée ?

Célestine. — Oui, par des capricieux qui, le plus souvent, ne lui plaisent guère, ou qui lui en imposent, ou qui, étant d’un âge trop disproportionné, ne lui donnent pas l’ombre du plaisir. Mais avec Loulou, joli, frais, son égal, et qu’elle peut dominer, c’est autre chose ; cette fortune est délicieuse pour elle. Ce n’est pas tout d’avoir l’autorité, ma sœur, il faut être juste.

Madame Durut. — Tout cela est bel et bon. Mais est-il juste aussi que cette petite salope ait appris à ce petit polisson une chose… sur laquelle je voulais qu’il demeu-