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fertilité que si l’on pouvait compter tout ce que ses auditeurs en ont emporté dans leur mémoire, pour le répandre à leur tour dans leurs leçons et dans leurs livres.

À présent qu’il est parvenu à conquérir sa place et son rang en ce monde, le récit s’arrête. Dans cette vie jadis traversée par tant de vicissitudes et d’infortunes, désormais si pleine et si calme, dévouée tout entière au professorat comme à un sacerdoce, il n’y a plus d’événements. On ne voit qu’un seul fait continu, toujours le même, toujours égal, le travail du savant, que suit d’un cours tranquille et invariable le progrès de l’estime universelle, comme un fleuve perpétuellement accru par de nouveaux affluents.

Les époques dans cette partie de ma notice ne seront plus marquées que par des ouvrages classiques.

Le premier qui fonda la réputation de M. Burnouf, le plus humble par sa destination, le plus éminemment utile par les résultats, et qui lui a procuré le succès le plus populaire et le plus durable, ce fut la grammaire grecque, dont toutes les générations qui ont passé dans les collèges depuis 1813 ont gardé le souvenir ; œuvre capitale, qu’il compléta dans la suite par la grammaire latine, conçue dans le même esprit et sur le même plan.

Il avait appris par expérience, comme écolier et comme maître, de quelles entraves des pratiques erronées et vicieuses embarrassaient l’instruction élémentaire, et dans quelles ornières elles forçaient les enfants à se traîner sans reconnaître la route. Appelé à former de jeunes professeurs dans les conférences de l’École normale, il sentit plus vivement la nécessité, non seulement de leur montrer le but, mais de leur tracer un itinéraire et d’ajouter la loi écrite aux préceptes journa-