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universitaire avait décidé que, dans tous les lycées de l’Empire, le même jour, il serait prononcé un discours latin pour célébrer le mariage de Napoléon et de Marie-Louise ; un prix était offert à l’orateur le plus éloquent, s’il était à la fois le plus parfait latiniste. On m’a conté que le jury, composé de cinq membres choisis entre les plus hauts dignitaires du corps enseignant, avait d’abord décerné le prix à M. Burnouf, mais que de puissantes réclamations, se fondant sur la présence du chef de l’École normale dans le jury, firent procéder à un nouvel examen des ouvrages, avec l’adjonction de deux membres nouveaux : Luce de Lancival fut alors couronné; mais il mourut, le lendemain de la solennité, enseveli dans ses triomphes du théâtre et du collège. On avait interdit la publication de tout autre discours que celui du lauréat, qui eut l’heureuse pensée de léguer à un de ses élèves, depuis le maître des maîtres, le soin d’imprimer son œuvre; et l’impression, sous un tel éditeur, justifia le jugement définitif.

M. Burnouf ne tarda pas à prendre une éclatante revanche, dans la distribution des prix du concours général de 1812, où, par un heureux à-propos, il présenta le tableau imposant de la formation, du développement, des destinées de l’Université impériale, avec toute la magnificence et toute la pureté du langage romain.

Peu d’années après (1817), la double désignation de l’Académie des inscriptions et du corps des professeurs l’élevait à la chaire d’éloquence latine au Collège de France. Sa force suffisait à tout ce labeur, son zèle à tous ces devoirs, sa docte sagacité à tous les degrés de ce triple professorat, qui produisait plus de fruits que de fleurs, et dont on n’estimerait au juste la valeur et la