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910 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Tous les vers n'y ont pas cette plénitude attendrie, mais ceux-ci ne prouvent-ils pas assez de quoi M. de Bouhélier serait capable, s'il se gardait tour à tour d'un amollissement et d'un gonflement de commande, s'il voulait moins prêcher, moins déclamer et chanter davantage, s'il renonçait à la fois à s'astreindre à une discipline classique vers laquelle ses dons ne le portent pas et à encourager en lui une facilité romantique à laquelle ces mêmes dons ne l'inclinent que trop, au contraire. Il reste qu'après V Invitation au Foyage et le Bateau ivre, il a su encore faire palpiter la nostalgie des merveilleux départs, au sein fumeux des grandes villes, et que l'on peut répéter avec lui :

Ah la vie est trop morne, est trop lâche, est trop plate. Je vois des chasseurs noirs qui rodent sur la mer... Je regrette les vieux élans parmi d amers Tohus-bohus où. des tonnerres blancs éclatent.

��Levons-nous et partons ! Replions notre tente Et marchons ! Et lâchons à jamais les abris Où l'on se perd ! Et ce faux calme qui pourrit V héroïque fraîcheur des âmes imprudentes.

Voilà du généreux lyrisme.

Mais ne sera-ce pas plutôt dans le roman ou dans le drame ou plus généralement dans la prose que le poète trouvera son mode d'expression choisi ?

��Il faut avouer que M. Basset, éditeur, montre, une insigne maladresse. On ne présente pas un livre de poèmes, comme un

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