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NOTES 8 I I

��M. DE MAX DANS LE TTPHON de M. Mekhior Lengyel, traduction de A. Duèoscqy adaptation de Serge Basset. (Théâtre Sarah Bemhardt.)

La pièce est, sans plus, l'honnête et élémentaire peinture de ce que peut être une colonie de Japonais venus dans une grande ville d'Europe pour j acquérir le plus possible de culture occidentale. Un Japonais véritable trouverait sans doute de menues inexactitudes à ce tableau ; mais les anecdotes qui nous montrent la merveilleuse maîtrise de soi et l'héroïque sourire des sujets du Mikado sont toujours belles à entendre et le public j prend plaisir.

On nous dit que la pièce originale est beaucoup plus colorée et plus intéressante que la version française. Avons-nous une fois de plus à déplorer l'indiscrétion de nos châtreurs de pièces ? A force de ne vouloir présenter au public que des œuvres cuisinées à son goût, ne voit-on pas qu'on lasse ce goût, qu'on ennuie ce public ? On flatte sa paresse et on le méprise. Cela va bien pendant quelque temps; mais ne serait-ce pas qu'aujourd'hui la patience du public est à bout et qu'il commence à en avoir assez des sauces qui lui déguisent toujours les mêmes plats ? Même à un point de vue purement commercial, que de bonnes affaires ne manque-t-on pas, pour n'avoir pas osé risquer un peu plus 1

L'intérêt de la soirée fut tout entier dans le jeu de M. de Max. Le courage qu'il fallut au conscrit de Tokio pour tuer la jeune femme qu'il venait d'épouser et dont l'amour l'empêchait de courir sans arrière-pensée les dangers de la guerre, ce courage, dis-je, dépassait à peine celui dont eut besoin l'illustre acteur pour se dépouiller de son faste, pour renoncer aux ressources somptueuse de son jeu et se subordonner si parfaitement à son rôle. Nous l'avons vu étriquer son geste, raccourcir son pas, modérer sa voix, détruire avec l'art le plus raffiné jusqu'aux

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