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NOTES 807

les visages l'enchantent. Les pinceaux les plus délicats des femmes, d'une Berthe Morizot, d'une miss Mary Cassatt, n'ont jamais mieux peint que M™® Périn en ces vers, les fleurs des vergers, l'élancement des tiges dans les jardins, le poudroiement du pollen ou l'éveil des ruches :

Douceur... V ombre des bois frémit de lueurs roses ; Des ailes froissent F arbre en glissant j et se posent ; Un bourdonnement d'or aux cimes des genêts Vibre ; de mille élans Pair porte le secret. Douceur... un voile traîne au sommet des collines y Et le souple collier du fleuve vert s'incline.

La limpidité des beaux paysages, notamment des harmonieux paysages de Champagne qu'aimait tant le fabuliste, est exprimée arec une finesse et un tact exquis dans beaucoup de ces vers où M"^ Cécile Périn se souvient de son enfance. La pièce finale, composée à la mémoire du regretté Olivier de la Fayette,

Je pense à vous. Le ciel est doux comme un bleuet. Ety sur le bleu du ciel, finement se dessine V arbre qui, sous nos yeux, jadis se balançait. Je pense a vous qui ne verrez plus ces collines...

cette pièce prend enfin une intensité d'autant plus vive que, contrairement aux premiers poèmes du recueil, l'émotion y est plus contenue, le cri plus discret. Là, dans ces beaux vers autant que dans les paysages qu'elles a tracés d'un pastel fin et nuancé, M™^ Cécile Périn est le plus délicieux et le meilleur poète.

E. P.

��LE JARDIN DES CARESSES, traduit de l'arabe par M. Franz Toussaint (Piazza).

" Ces poésies, dit la préface, écrites en Espagne, au X^ siècle, par un Arabe inconnu, viennent d'être découvertes à Tom-

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