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75^ LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

J'avoue qu'il semble la ravaler ; mais mon expé- rience ne m'a pas convaincu que ce soit sans raison. {Lettre CCLXXIII— i^ février 1754).

Pour gouverner les hommes, il ne faut pas les surfaire, et pour plaire à un auditoire, il ne faut pas en avoir une trop haute opinion.

{Ibidem).

Il y a peu de pères qui s'inquiètent beaucoup de leurs enfants, ou du moins la plupart s'inquiètent plus de leur argent et par conséquent se contentent de leur donner au plus juste prix l'éducation ordi- naire, c'est-à-dire l'école jusqu'à dix-huit ans, l'université jusqu'à vingt et deux ans pour courir la poste à travers quelques villes d'Europe, et n'attendent que le moment où leurs nigauds re- viennent chez eux pour les marier et, comme ils disent, pour les fixer.

Parmi ceux qui aiment réellement leurs enfants il y en a peu qui sachent les aimer : ils les gâtent par des cajoleries tant qu'ils sont jeunes et les grondent plus tard de ce qu'ils sont gâtés. D'autres aiment leurs enfants comme des mères et ne font attention qu'à leur santé et à leur corps, sur quoi repose l'espoir de la famille ; ils célèbrent leur jour de naissance et se réjouissent, comme les sujets du Grand Mogol, à mesure qu'ils augmentent de volume. D'autres ne pensent, comme ils disent.

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