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JlS LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

été une demi-heure dans ce cercle, vous aurez découvert ces deux grandes figures à la déférence, aux honneurs que toute la compagnie leur rend, à cet air d'abandon, d'insouciance et de sérénité que leur inspire le sentiment de leur puissance. Dans le cas dont je vous parle, comme dans tout autre, visez toujours à ce qui est le plus haut, fréquentez toujours le meilleur monde et adressez-vous par- ticulièrement au personnage le plus distingué. La recherche de la pierre philosophale, dans laquelle on ne réussira jamais, a produit mille découvertes utiles, qui autrement n'auraient jamais été faites.

{Ibidenî).

De tous les hommes que j'ai connus dans le cours de ma vie, le duc de Marlborough (et je le connaissais fort bien), possédait les grâces au suprême degré. Ce fut par elles qu'il obtint ses plus grands succès. Je me risquerai à attribuer, (quoi qu'en disent les historiens profonds qui assignent toujours aux grands événements des causes profondes) aux grâces seules la moitié au moins de la grandeur et des richesses du duc de Marlborough. Il était éminemment illettré, il écrivait mal l'anglais et le prononçait plus mal encore. 11 n'avait rien de ce que l'on appelle esprit : ni vivacité, ni brillant. Il possédait, sans contredit, un bon sens parfait, un jugement sain ; mais ces qualités seules ne l'auraient guère élevé au-dessus

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