Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée


CONSEILS A MON FILS 7O9

bles de raisonner, s'ils voulaient, qui vivent et qui meurent au sein de mille erreurs, uniquement par paresse. Ils aiment mieux adopter les préjugés d'autrui que de se troubler au point de décider eux-mêmes. Ils affirment d'abord les choses parce que d'autres les ont dites et ils y persistent parce qu'ils les ont dites eux-mêmes.

{Lettre CXXX)

Pour l'ordinaire les petits secrets sont ébruités ; mais en général on sait garder les grands.

{Ibidem)

Chacun parle le mieux des choses qu'il connaît le plus; mettre les gens sur ce sujet-là c'est leur plaire tout à la fois et nous instruire nous-mêmes. Avec tous ceux qui ont une profession ou un mérite distingué dans quelque branche de connais- sances, on n'est point embarrassé. Mais pour ceux, hommes ou femmes, qui constituent proprement ce qu'on appelle le beau monde, on ne doit pas choisir des sujets bien profonds, ni espérer appren- dre plus que ce qui touche aux ordres, aux dignités, aux familles et aux anecdotes de cour.... Avec les femmes surtout il faut prendre un ton au-dessous de celui qui convient aux hommes et au-dessus de celui que l'on emploie avec les enfants. Si vous leur parlez de sujets trop sérieux, vous les rendez confuses et vous perdez votre peine ; si vous ne

�� �