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708 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Résistez à cette tentation, très forte chez la plupart des jeunes gens, qui pousse à dévoiler les faiblesses et les infirmités des autres dans le dessein de divertir une compagnie ou de montrer sa propre supériorité. Vous pourrez un moment avoir les rieurs de votre côté ; mais vous vous serez fait des ennemis irréconciliables. Ceux-là même qui riaient avec vous d'abord, après y avoir réfléchi, vous craindront et par conséquent vous haïront. De plus il y a de la méchanceté dans une pareille con- duite et un bon cœur cherche plutôt à cacher qu'à exposer les faiblesses et les infortunes d'autrui. Si vous avez de l'esprit, employez-le à plaire, non à blesser.

{Lettre CXXIX — 5 septembre 1748)

Un grand nombre de gens assemblés s'animent l'un l'autre, et sont portés à faire quelque chose soit bien soit mal, mais du mal plus souvent. Observez toute assemblée qu'il vous plaira et vous trouverez toujours que l'ardeur et l'impétuosité augmentent ou décroissent en proportion du nombre. Si ce nombre est très grand, il semble que tout bon sens et toute raison s'effacent et qu'une soudaine frénésie s'empare de toutes les têtes même les plus froides.

{Lettre CXXX — 13 septembre 1748)

Il est inconcevable combien il y a de gens capa-

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