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7o6 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

Quelque légère passion, la moindre humeur même se jettera toujours dans leurs meilleures résolu- tions. Leur beauté négligée ou contestée, leur âge augmenté, leur prétendu esprit méconnu, tout cela enflamme leurs petites passions et jette à bas tout système de conduite raisonnable qu'elles auraient peut-être été capables de former dans quelque moment meilleur.

Un homme vraiment sensé se contente de jouer et de badiner avec elles : il est complaisant et flatteur comme avec un enfant éveillé et capricieux. Il ne les consulte jamais sur les affaires sérieuses et ne leur en confie pas davantage, mais il le leur fait croire, car c'est la chose au monde qui les rend le plus fières : elles adorent se mêler d'af- faires qu'elles s'arrangent toujours pour gâter. Comme elles soupçonnent avec raison que les hommes n'ont envers elles que badinage, elles adorent presque celui qui les traite plus sérieuse- ment et qui semble les consulter et se fier à elles. Je dis : qui semble, car les hommes faibles le font réellement, les sages seuls savent feindre seule- ment. Il n'y a point de flatterie qui soit trop haute ou trop basse pour elles. Elles avaleront la plus grosse avec avidité, et elles accepteront de bon gré la plus mince. Vous pouvez donc en toute sûreté flatter toute femme, à commencer par son esprit et à finir par le goût exquis de son éventail. La flatterie qui touche le plus les femmes réelle-

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