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d'aDDIS-ABEBA a DJIBOUTI 69 1

pintades, en revanche, ne se cachent guère, leurs bandes serrées paissent tranquillement des deux côtés de la piste. J'en abats seulement ce qu'il faut pour remplir la casse- role, mais poursuis avec entrain les francolins qui commen- cent d'apparaître et se défilent prudemment dans l'herbe jaune, pareils aux perdrix dont ils ont la taille et le plumage, sauf que leur gorge nue est du vermillon le plus éclatant.

Et puis, graduellement, la brousse s'épaissit ; au-dessus du taillis épineux, de grands arbres déployent leur ver- dure massive et élancée, tandis que nous gravissons le premier gradin d'une rangée de coteaux qui s'arrondissent mollement devant nous. C'est à l'ombre des oliviers et des mimosas-parasols que, vers 10 heures, nous nous arrêtons, au sommet du coteau le plus élevé, face à la chaîne du Kassam qui, toute proche, dresse à deux mille mètres sa muraille de pics déchiquetés. Avec quel empres- sement, je mets pieds à terre, près d'un aloès en fleur d'où jaillit une haute hampe de clochettes pourpres. La ligne télégraphique qui relie Addis-Abeba avec Harrar passe non loin : les enrochements qui soutiennent ses poteaux donnent asile à d'affreux lézards visqueux, à la gorge en fanons; à mon aspect, ils s'aplatissent contre les pierres, inertes, sans plus rien de vivant que le battement affolé de leur goitre qui pend. — Au bout d'un instant, cependant, le boy en silence me ramène ma mule qu'il n'avait pas dessellée. Impossible de camper : il n'y a pas d'eau. Nous poussons quelques kilomètres plus loin, escaladons d'autres collines entre les parasols et les oliviers sauvages. Aux flancs en pente des monts du Kassam, les creux et les gorges étroites dont ils sont fendus font des ombres d'un

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