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d'aDDIS-ABEBA a DJIBOUTI 677

nous nous sommes hissés. Au milieu des hautes herbes et des taillis se distinguent les restes d'une enceinte faite de rochers: à l'intérieur, quelques pans de murailles achèvent de crouler : sans doute tout ce qui subsiste d'un de ces fortins qu'autrefois les Abyssins établissaient sur les hauts- lieux, à l'époque où ils refoulaient devant eux les Gallas non encore assujettis. Derrière les ruines, la montagne s'abaisse et continue, coupée de ravines et de gorges boisées. — Quand je rejoins mes hommes, le soleil décline. Une ombre oblique obscurcit déjà la vallée ouverte au-dessous de nous, s'allonge sur le penchant des hauteurs d'en face. Une buée légère et bleue flotte sur la plaine de Bossette : le grand éperon qui la coupe au loin est du violet le plus délicat. Comme nous commençons à des- cendre, j'aperçois sur la crête, à quelque distance des ruines, l'une de mes antilopes. Elle paît tranquillement, à demi cachée sous un buisson qui forme tonnelle autour d'elle. Je passe l'arme à la bretelle et tire ma lorgnette. La bête ne nous a pas éventés, elle flâne et semble jouer; son petit bout de queue ne cesse de s'agiter ; parfois d'un mouvement souple, elle saute sur place. Enfin, elle dresse ses larges oreilles, tourne la tête vers nous et détale aussitôt...

Le soir s'étend avec douceur sur le paysage éteint. A cause des beaux arbres, des bouquets d'oliviers et des pelouses qui l'entourent, notre campement, que nous découvrons d'ici, a l'air installé dans une façon de parc anglais, magnifique et désolé. Mais sitôt que nous nous retrouvons parmi les pierrailles du lit de la rivière, l'illu- sion s'évanouit. — L'obscurité et le froid enveloppent les tentes lorsque nous y arrivons, guidés par l'éclat des

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