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d'aDDIS-ABEBA a DJIBOUTI 675

ma tête, ne cessent pas. Dans les buissons, les tourterelles s'appellent éperdument, en roulant les r. La chaleur les exalte : elle m'alourdit. Dès la table enlevée, je m'assou- pis honteusement, en face du paysage éclatant. Sommeil épais dont je ne sors qu'à 4 heures, étourdi et comme poissé — mais à cause des mouches qui s'insinuent sous la moustiquaire, la tente n'est plus tenable. Je me secoue et sors. Dans le cercle de mes hommes assis, un grand Galla, enveloppé de haillons, nu-tête, l'air énergique et dur de sa race, est debout, appuyé sur son bâton plus haut que lui. Il ofire de me faire voir un couple d'anti- lopes qui a établi ses quartiers non loin d'ici. J'accepte bien volontiers, et tout aussitôt, nous nous acheminons à sa suite vers les collines rondes et boisées qui dominent la gorge.

Les oliviers se font plus abondants, non plus buissons comme ce matin, mais arbres noueux, au tronc trapu, stériles d'ailleurs. A peu de distance du campement, la rivière à demi-desséchée fait un coude brusque et disparaît dans une ample vallée broussailleuse, toute rayonnante de soleil. Des pintades filent sous nos pieds. En franchissant le lit poudreux de la rivière, j'en découvre une trentaine, immobiles sur les rochers aussi bleus qu'elles. Elles nous regardent et ne bougent pas. Je passe outre ; ce n'est pas sur ce gibier-là que nous sommes lancés. A peine, du reste, nous sommes-nous engagés sur le versant pierreux qui s'élève devant nous, le guide, tout à coup, s'arrête et du doigt, sans mot dire, me montre à quelque cent mètres, les deux antilopes juchées sur un roc isolé et broutant le feuillage aride du mimosa qui les ombrage. De temps en temps, elles s'interrompent, tournent les yeux autour

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