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d'aDDIS-ABEBA a DJIBOUTI 67 1

les pieds nus dans des sandales de bois, le bernous noir sur l'épaule, son feutre à la main. A son cou se balancent une petite croix et une minuscule cuiller d'argent dont il se sert aux instants de loisir pour dégraisser ses oreilles. Le jeune Chankalla aux yeux rieurs se tient derrière lui, son roseau sous le bras.

A six heures et quart, nous partons et d'abord longeons le cirque où s'enclôt le lac salé. Entre ses plages jaunâtres, il est, ce matin, d'un bleu de pervenche. Le vent y pousse de molles lames en demi-cercles ; déjà, sur ses bords, les bandes d'oies se pressent, immobiles, mais de temps en temps agitant leurs larges ailes grises. — Non loin de la route, une caravane est campée. Elle a dû arri- ver cette nuit. Sous quelques mimosas rabougris, les charges sont mises en tas, couvertes de peaux de mouton brunes et noires. Pas un gardien en vue ; sans doute les hommes reposent derrière les ballots. Alentour, une vingtaine de dromadaires tondent le gazon rare ou, le cou dressé, mâchent l'épineux feuillage des arbres. Ils ont les pattes de devant entravées : pour s'écarter devant nous, il leur faut sautiller gauchement, à pieds joints. Nous gra- vissons un plateau, puis descendons dans un pli qui nous cache désormais la plaine des Addas. Point d'arbres, mais des broussailles autour de quelques mamelons nus, et, par- tout, sur le sol noir, des touffes d'herbe éparses. L'endroit est inculte et dépouillé : pourtant, j'y découvre des villages, paillottes misérables qu'entoure une clôture de branchages. Devant la zériba, des enfants, à notre passage, s'arrêtent, nous regardent, prennent brusquement leurs jambes à leur cou, puis s'arrêtent encore pour nous considérer, — La piste, de temps en temps, escalade une colline semée de

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