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D'aDDIS-ABEBA a DJIBOUTI 663

étroites et boisées en coupent les pans massifs, creusent dans ses flancs des déchirures profondes et qui paraissent presque noires. A droite, en contre-bas, s'ouvre l'immense plaine des Addas : elle s'étend, se développe, occupe tout l'horizon jusqu'aux pâles montagnes qui, enfin, au fond du paysage, limitent la vue et que le soleil délicatement illumine. Car il fait beau temps, là-bas : les feux tendres du matin éclairent les grands carrés bruns et verts que les cultures font parmi les herbes jaunes. On distingue le gris léger des mimosas qui, partout, dans l'ample espace, multi- plient leurs bouquets ronds. Ici, cependant, il pleut tou- jours : je suis trempé. L'interprète, afifectueusement, enlève son bernous, me fait enfiler, la tête la première, cette espèce de pèlerine de feutre qui ne se boutonne ni ne s'agrafe et vous emprisonnerait comme une camisole de force si une fente latérale ne laissait passer le bras. — Mais subitement la pluie s'arrête ; nous avons dépassé les nuées dont elle dégouttait : nos bêtes à nouveau foulent un sol sec et poudreux.

La piste autour de l'Errer décrit un large demi-cercle, en recoupant les ravines abruptes dont les assises de la montagne sont sillonnées. Dans chacune, il nous faut descendre. Quand la muraille de terre, rongée à la base par les érosions, est trop à pic, on gagne le lit du torrent par une sorte de couloir étroit et sinueux, taillé dans l'épaisseur de la paroi. C'est à l'issue de ces passages, où l'on n'avance qu'à la file, qu'autrefois les pillards Gallas, me dit-on, guettaient les muletiers : au premier qui surgis- sait une lance brandie, un prompt coutelas avaient tôt fait de trouer la peau. Un autre couloir, ensuite, tout pareil au premier, ramène au niveau du sol. — La brousse.

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