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��D'ADDIS-ABEBA A DJIBOUTI II

26 avril, d^Insalal} à la Modjo.

Réveil à cinq heures et demie, sous un ciel gris, tour- menté, qui traîne bas au-dessus de la plaine. Une épaisse calotte de brume pèse sur les cimes lointaines. Poussés par le vent, les nuages viennent se déchirer contre l'arête dressée de l'Errer, plus dur, plus âpre que jamais sous cette aube livide et qui ne se débarrasse pas. Déjà, à grand renfort de coups et de cris ainsi qu'à l'ordinaire, on charge les mulets. A peine l'ai-je quittée, ma tente en un clin d'oeil est abattue, pliée, roulée, cependant que sur une petite table dressée à l'écart, je me hâte d'expédier mon déjeuner avant l'averse qui menace. Mais comme nous décampons à six heures trois quarts, elle se met à tomber, bruine flottante, impalpable, qui tout de suite s'alourdit et fond en eau. Pour sortir au plus tôt de la zone pluvieuse, je lâche la caravane et avec deux ou trois hommes, pars au galop, droit devant moi.

Une côte raide, semée de pierres et de blocs rocheux, nous mène au sommet d'un des premiers contreforts de l'Errer. La lourde montagne, de là-haut, se découvre toute entière et comme d'une seule pièce. Des gorges

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