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Certes je sais que ceux-là qui comme Valéry Larbaud, André Gide et Guillaumin se dévouent à la mémoire d’un Charles-Louis Philippe n’obéissent qu’à de nobles sentiments. Mais le buste dià au génie de Bourdelle ne saurait être confronté à Cérilly avec ce que Dieu même a édifié pour le poète : cette échoppe qui n’a qu’une porte comme le Ciel et dans laquelle un artisan creusa des sabots.

Je sais que l’airain est dur ; dur comme est dure cette résistance du poète dont le métier, pareil dans un sens à celui de l’aviateur, consiste à tomber d’aussi haut que possible pour s’enlever plus haut encore quand il survit.

Mais cet airain, s’il se perpétue par la pensée, est outragé par le temps.

Trois cents années passeront et tel que ce système de montagnes qui n’est plus, et dont rien que notre logique ne révèle qu’il a existe, parce qu’il a été limé et livre aux vents, le buste sera nivelé au ras du sol.

Cependant l’odeur du bois de hêtre ou de noyer ; cependant le bruit et l’éclat de l’outil ; cependant une vieille femme ; cependant un petit chat qui se chauffe au soleil ; cependant un seuil usé ; cependant l’azur seront là pour témoigner en l’honneur de Charles-Louis Philippe comme l’arbre hautain en l’honneur d’Alfred de Vigny.

Et le voyageur des siècles futurs plein des rythmes solennels de celui-ci ou de la sobre parole de celui-là, s’il passe par Orthez ou Cérilly, ne songera même plus qu’il ait pu exister des statues de l’un ou de l’autre.

Mais soudain les deux poètes lui apparaîtront : Vigny dans un végétal d’or qui parle comme un Romain dans l’orage, et Philippe dans un petit atelier qui sent la soupe et dont la porte, en s’ouvrant, tinte. "

Dans Vers et Prose (septembre), quatre lettres de Charles Van Lerberghe; dans l’une d’elles, le poète de La Chanson d’Eve refuse, avec une modestie charmante, de collaborer à