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des turquoises pour Giula et une paire de petits pistolets en cas d’alerte. Giacomo, conservant son déguisement, prit une matraque et un stylet. C’est en cet appareil galant et belliqueux que, vers le milieu du jour, nous franchîmes la porte de l’auberge et nous dirigeâmes à grands pas vers la demeure du vizir de Tripoli.


On me cache dans un réduit malodorant et j’achète très cher le silence d’un marchand de nougat.

Après avoir marché quelque temps dans un lacet inextricable de ruelles, nous arrivâmes à un mur à créneaux, haut de huit pieds, d’une blancheur aveuglante et couronné de palmes.

— C’est ici, me dit Giacomo.

Je regardai autour de moi avec surprise, cherchant une issue ou un moyen d’escalader cette barrière infranchissable. La ruelle était silencieuse. On n’entendait que le bruisse- ment des feuilles au-dessus des créneaux.

Giacomo sourit à mon interrogation muette. Faisant plusieurs pas réguliers qu’il semblait compter tout bas, il posa la main contre le mur dont un pan se déplaça, tournant comme une porte bien huilée. Nous nous glissâmes par l’ouverture et quand je levai les yeux, j’avais devant moi un vaste jardin entournant une assez grande maison blanche.

Mon cœur battait. J’eus comme un vertige et dus m’appuyer au mur. Le jardin et la maison tournaient devant mes yeux. Quand je repris conscience, Giacomo m’entraînait par un corridor frais et sonore, aboutissant à une cour pavée de mosaïque où chantait un jet d’eau.