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toutes ses voiles carguées. Nous passâmes près d’elle. Des militaires vêtus d’écarlate se promenaient d’un air rogue derrière les bastingages. Les batteries luisaient. Le pavillon britannique ondulait sur le château d’arrière.

— Où sont les pirates ? demandai-je à nouveau.

— Monseigneur, ils se cachent. Ce navire de guerre joue ici le rôle de la maréchaussée. Sans doute aura-t-on enlevé quelque Anglais, et c’est tant mieux, car nous aurons moins à craindre et les marins nous aideront au besoin.

Je fus, on le conçoit, assez désappointé. Au lieu d’un port rempli d’animation, de galères aventureuses et de forbans barbaresques, je ne trouvais qu’une paisible baie africaine endormie sous les palmes et ne paraissant même pas se soucier, effet sans doute de notre fatalisme, des canons dont se hérissaient les sabords de la frégate, venue pourtant, selon les apparences, pour extirper une rançon et remettre en liberté les sujets de Georges IL

Des saïques, manœuvrées par d’adroits gaillards à demi-nus, nous entourèrent. On débarqua. Giacomo et moi, nous nous rendîmes à un caravensérail du port et passâmes le reste de la journée à nous rafraîchir dans les appartements qu’on nous avait alloués. L’Italien imaginait des plans ingénieux pour l’évasion. Quand le soir fût venu, il sortit sous un déguisement berbère.

— Que Votre Excellence daigne m’attendre, dit-il, je vais tâter le terrain. Demain, j’espère, je pourrai vous introduire dans le harem où languit la perle de l’Adriatique.

J’étais trop amoureux et trop impatient pour réfléchir; je ne pensais qu’à Giula, à ce que je lui dirais et j’employai