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pant ma chaîne, je me fusse évadé. Muni de quelque argent et des bijoux que m’avait donnés le religieuse afin de contribuer aux frais de l’entreprise, je quittai Tripoli, caché dans la soute d’un paquebot qui faisait route pour la Sicile. J’avais promis à Giula de la délivrer, par quelque moyen que ce fût, et de la rendre au doge, son père. Et c’est pour tenir ce serment sacré que je reviens à Tripoli, où je risque mon nez et mes oreilles, si ce n’est autre chose. Mais je ne saurais souffrir qu’une fille aussi accomplie et à qui j’ai tant d’obligations, restât toute sa vie le jouet d’un vieillard fantasque et débauché.

“ Je suis allé à Venise, mais le doge venait de mourir. La famille, monseigneur, faillit me faire jeter dans un canal ou loger sous les Plombs, car Giula est l’unique héritière d’une immense fortune. Je dus m’évader de ma ville natale comme je m’étais évadé de Tripoli. Il ne s’est encore trouvé un homme assez aventureux, assez chevaleresque et assez brave, pour délivrer Giula et la remettre en possession de son rang et de ses richesses ”.

Giacomo se tut. Il me parut qu’il me regardait à la fois avec une inquiétude et une impatience extrêmes. Il s’attendait sans doute à ce que je m’écriasse : “ Je serai cet homme ! ” Sa main fouillait nerveusement sous son jabot.

Comme je me taisais encore l’Italien gémit :

— Ah ! si vous la voyiez, mon prince ! Puis, se décidant tout à coup :

— Tenez, me dit-il, voici son portrait. Elle me l’a donné en souvenir d’elle et pour me faire recevoir de son père.

Je pris un médaillon ovale, dans lequel était enchâssée