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CONSEILS A MON FILS ^J^

autres soyez vigilant et attentif à tout ce que vous voyez et entendez. N'ayez jamais à dire, comme le font mille sots, en parlant de choses qui se sont passées sous leur nez : que vraiment ils n'y ont pas fait attention et qu'ils pensaient à autre chose. Et pourquoi avaient-ils à penser à autre chose, et en ce cas que venaient-ils faire là ? Le vrai de la chose c'est que les sots ne pensaient à rien. Sou- venez-vous du précepte : Hoc âge qiiod agis, soyez tout à ce que vous faites : de quelque nature que soit cette chose, elle mérite d'être bien faite, ou bien il ne faut point la faire du tout. Où que vous soyez, ayez (suivant l'expression du vulgaire) sur vous vos yeux et vos oreilles. Ecoutez tout ce qui se dit, voyez tout ce qui se fait. Observez les regards et la contenance de ceux qui parlent; c'est souvent un moyen plus sûr de découvrir la vérité que de s'arrêter à ce qu'ils disent : mais gardez toutes ces observations pour vous-même, pour votre usage particulier, et communiquez-les rare- ment à d'autres.

Observez, mais sans que l'on vous prenne pour un observateur, sinon, en votre présence, chacun sera sur ses gardes.

{Lettre XCVIII — 30 octobre i-j^-]).

Je suis très certain que bien des gens perdent deux ou trois heures, chaque jour, pour négliger les minutes. Ne regardez jamais aucune portion

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