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CONSEILS A MON FILS 577

tâchez de découvrir leur mérite le plus saillant s'ils en ont, et leur faiblesse dominante, car chacun a la sienne, puis rendez justice à l'un et un peu plus que justice à l'autre. On peut exceller dans des objets divers, ou du moins y prétendre ; et quoiqu'on aime à s'entendre rendre justice sur les points où l'on est sûr de briller, cependant l'on est infiniment plus flatté des louanges sur les points où l'on ambitionne d'exceller, mais où l'on est encore dans le doute à son égard.... Vous découvrirez aisément la vanité dominante de chaque homme en observant le sujet favori de sa conversation ; car chacun parle plus volontiers de ce en quoi il voudrait faire croire qu'il excelle.

Les femmes, en général, n'ont guère qu'un objet, qui est leur beauté, sur lequel il n'y a pas de flatterie trop grosse qu'elles ne la puissent avaler. C'est à peine si la nature a formé une femme assez laide pour être insensible aux éloges que l'on fait de sa personne. Si son visage est repoussant au point qu'elle-même puisse s'en douter, elle se flatte d'en être dédommagée par sa taille et par son air. Si sa taille est difixDrme, elle pense la racheter par l'agrément de son visage. Si l'un est aussi méchant que l'autre, elle se con- sole en pensant qu'elle a des grâces, des manières, un je ne sais quoi plus engageant encore que la beauté. Cette vérité est démontrée par l'ajuste- ment étudié et apprêté de toutes les femmes les

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