Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée


LORD CHESTERFIELD §6^

postérité trop de paresse à lui contester. Que l'on ne prenne pas quelques conseils d'hygiène sentimentale, quelques paroles un peu lestes destinées à réveiller un loiirdaud qui s'endort dans " sa crotte ", pour une théorie et pour un système de morale. Il ne faut pas défendre contre ce pédant de Stanhope la vertu de la " petite Blot " plus qu'elle ne l'aurait souhaité elle-même. Ches- terfield voulait enseigner à plaire, on ne plaît pas à tout le monde de la même façon, et la " petite Blot ", ou telle autre, peuvent avoir des préférences. Il est inutile de s'attarder à défendre quelques phrases qui ne sont risquées que parce qu'elles ont été publiées.

Tout le système de Chesterfield, si l'on peut dire qu'un esprit aussi souple ait un système, consiste à " plaire " et à plaire pour réussir. Quelque distance que les années et les révolutions aient pu mettre entre notre époque et la sienne, et quoique l'on soit porté aujourd'hui à s'occuper de réussir, uniquement, on ne doit pas considérer les recettes qu'il donne comme entièrement hors d'usage. Vaincre par la douceur est peut-être plus difficile, mais aussi plus élégant que triompher brutalement. A côté des gens pressés, on trouve encore quelques personnes de loisir comme on l'était jadis et qui ont le temps de juger et de se défendre. Lord Chesterfield était de ceux-ci, il écrivit ses lettres pour décider son fils à en être ; c'est là, peut-être, ce qui en fait l'intérêt.

T. L.

�� �