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554 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

qu'en faiblesse et en décrépitude : mais je ne souffre pas et ainsi je suis content ". Il continuait encore à s'intéres- ser à la politique, il savait voir les événements et en pré- voir une grande partie. Il fut des premiers à se douter des changements sociaux qui allaient se passer en France, il comprit les visées de la Prusse et de la Savoie. " Je vois et j'entends ces tempêtes, assis sur le rivage, suave mari magno^ etc. Je jouis de mon repos et de ma sécurité avec tout ce que je puis espérer de santé à mon âge et avec ma constitution ; cependant je sens que je décline par degrés, quoiqu'assez doucement ; il me semble que je ne tomberai pas mais que je glisserai tout doucement au bas de la colline de la vie. Quand cela arrivera, je ne m'en doute ni ne m'en inquiète, car je suis fort las..." ... *'... Je sens ce commencement d'automne qui est déjà très froid. Les feuilles tombent à verse ; elles semblent m'intimer de les suivre. Je le ferai sans trop me faire prier, bien las que je suis de ce sot monde."

" Il est bien triste d'être sourd, " disait-il à quelqu'un qui le venait visiter, quand on aurait beaucoup de plaisir à écouter. Je ne suis pas aussi sage que mon ami le Pré- sident de Montesquieu. " Je sais être aveugle, " m'a-t-il dit plusieurs fois, et moi je ne sais pas encore être sourd." Une de ses dernières distractions était une promenade en carrosse qu'il faisait tous les matins dans les rues de Lon- dres. Il appelait cela " faire la répétition de son enterre- ment. " Tyrawley et moi, " dit-il un jour, " nous som- mes morts depuis cinq ans, mais nous ne voulons pas qu'on le sache. " Il rédigea son testament, où il mettait en garde son nom et ses propriétés contre les fantaisies de ses successeurs. Il y défendait qu'on vendît Chcsterfield-

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