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546 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

audience à la cour, l'obtint et l'accueil qu'il reçut aggrava sa disgrâce.

Il s'attaqua au Roi lui-même et résolut de le frapper au seul endroit où Georges II gardait de la sensibilité : à la bourse. Georges I, lorsque les whigs allèrent le chercher à Osnabrtick pour qu'il régnât en Angleterre, avait emmené avec lui non seulement ses courtisans et usages allemands, mais encore ses favorites. Sa femme, l'exquise Sophie-Dorothée expiait dans la prison du château d'Ash- den sa tragique aventure avec Kœnigsmarck. Mélusine de Schulenburg, qui avait été blonde et svelte et Madame de Kielmansegg qui avait remplacé auprès du roi sa mère la comtesse Platen morte de jalousie et de méchanceté, s'installèrent donc à Londres, la première comme duchesse de Kendale, la seconde comme duchesse d'Arlington. La duchesse de Kendale avait son hôtel tout proche de celui de Lord Chesterfîeld et elle avait aussi une fille qu'elle faisait passer pour celle de son beau-frère Schulenburg, conseiller privé du duc de Brunswick-Lunebourg, mais que George I avait sans doute des motifs pour créer Lady Walsingham et pour lui laisser par testament un legs de vingt mille livres. Lorsque l'évêque d'Armagh présenta au nouveau roi le testament de son père, Georges II le mit dans sa poche et n'en parla jamais plus. Mais dans l'inter- valle Chesterfîeld était devenu un familier de la duchesse de Kendale et un prétendant à la main de Lady Walsingham. Le roi s'opposa au mariage, ne voulant pas que la fortune de la jeune fille fût compromise par un joueur. Le mariage se fit, malgré sa volonté, et Chesterfîeld se trouva sur la trace d'un double du testament que Georges I, connais- sant son fils, avait confié au duc de WolfenbUttel. Il

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