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LORD CHESTERFIELD 545

d'Etat qu'il attendait, Chesterfield fut nommé grand intendant de la maison royale. Il fît comme tous les mécontents, il conspira. Townshend, le beau-frère de Walpole, était en butte à l'orgueilleuse jalousie du ministre qui voulait "que la raison fût Walpole & Towns- hend et non Townshend & Walpole ". Après bien des froissements, Townshend, voyant son collègue Carteret remplacé par le duc de Newcastle plus prêt à subir la domination de Walpole, voulut s'entendre avec Chester- field pour renverser Newcastle et Walpole. Celui-ci s'en aperçut, du moins de ce que tramait Townshend, et un soir, à dîner chez le colonel Selwyn, les deux beaux -frères se prirent au collet, tirèrent leurs épées et faillirent se tuer à table. Cet éclat força Townshend à quitter le ministère; quant à Lord Chesterfield, qui était encore utile en Hol- lande, on l'y laissa.

Au bout d'un an, fatigué d'attendre, il demanda son rappel et revint à Londres décidé à se venger de Walpole et du Roi. Il s'unit à Bolingbroke, qu'il admirait, à Pulteney, à Wyndham, à toutes les victimes, à tous les mécontents ; il mena contre le ministère une guerre de discours et de bons mots. Il se laissa même aveugler par ses ressentiments au point de contribuer pour la plus grande part au rejet, le 1 1 avril 1733, du Bill of Excise, une mesure excellente qui prétendait à remplacer l'impôt direct sur le vin, la drèche et le tabac par l'impôt indirect. Le lendemain, comme il montait l'escalier de St- James, un huissier de la li\rée du Duc de Grafton lui demanda de se rendre auprès de son maître. C'était pour qu'il rendît la baguette blanche, insigne de ses fonctions de surintendant de la maison royale. Il demanda une

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