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LORD CHESTERFIELD 543

engagea contre le pouvoir une série de manœuvres et de marches qui n'avaient qu'un défaut : d'être trop fines et trop déliées. Il crut avec tout le monde que le roi était trop aimé de la reine pour le lui rendre. La délicieuse Lady Suffolk paraissait toute puissante, Chesterfield s'at- tacha à sa petite cour et négligea la reine. Caroline d'Anspach ne le lui pardonna jamais, et c'est ainsi qu'elle soutint Robert VValpole, peut-être aussi parce qu'elle sut deviner en lui l'homme qui pouvait assurer la tranquillité et la grandeur du régime nouveau. En attendant Walpole faisait augmenter la liste civile du roi et fermait les yeux sur la confiscation par Georges II du testament du feu roi grevé de legs très importants. Le roi aimait sa femme, était avare et point libertin. Il n'avait des favorites que pour ressembler à Louis XIV, il passait son temps auprès d'elles à compter son argent sans rien leur donner et, dans les affaires sérieuses, il se laissait conduire par sa femme et, par conséquent, par Walpole. Chesterfield le vit bien lorsqu'on le chargea d'une ambassade à La Haye : c'était plutôt un exil qu'une faveur.

Il avait à y résoudre des difficultés très délicates. Georges II, comme son père, était plus Hanovrien qu'Anglais, et veillait par-dessus tout au salut de son électorat. Le prétendant s'agitait, s'était installé en Lor- raine et s'efforçait de faire une diversion sur le Hanovre avec l'Espagne et l'Empereur. Chesterfield seconda fort habilement les plans de Walpole. Ce fut grâce à sa capacité que put se signer en 1729 le traité de Séville qui donnait Gibraltar à l'Angleterre et l'Empereur, d'abord hésitant, finit par signer en 1731 le traité de Vienne qui confirmait celui de Séville.

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