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tomba contre ma chaise et disparut. Tout de même, j’en avais un urgent besoin ; quel ennui de devoir descendre, puis escalader de nouveau ma chaise ! Maladroit comme je l’étais cela n’allait pas sans préparatifs de toutes sortes ; mes jambes me paraissaient beaucoup trop longues et je ne parvenais plus à les ramener de dessous moi ; cet agenouillement prolongé les avait engourdies, et je ne sentais plus bien où je finissais et où commençait la chaise. Je parvins tout de même à atteindre le plancher, et confusément me trouvai sur une peau de bête qui, sous la table, s’étalait jusqu’au mur. Là surgit une nouvelle difficulté. Habitués à la clarté d’en haut, tout éblouis encore par l’éclat des couleurs sur le papier blanc, mes yeux se refusaient à reconnaître la moindre chose sous la table, où le noir m’apparaissait si clos que j’avais peur de m’y cogner. Je m’en remis donc à mon toucher, et, appuyé sur la main gauche, de la droite commençai de peigner les longs poils frais du tapis, de contact aussitôt familier ; mais pas le moindre crayon. Déjà je me figurais avoir passé à cette recherche un temps considérable et j’allais prier Mademoiselle de m’aider en approchant la lampe, quand je remarquai que devant mes yeux involontairement écarquillés, l’obscurité peu à peu se faisait plus transparente. Déjà je distinguais le mur du fond que bordait une plinthe claire ; je m’orientai entre les pieds de