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NOTES 48 I

de la concevoir différente. Le Têie-ttOr qui nous était familier (la seconde version), avait bien cet aspect inévitable, cette sorte de nécessité (au sens logique) qui sont la marque des chefs-d'œuvre. Nous apprenons aujourd'hui qu'il ne les a pas eus dès le commencement. Il lui est devenu impossible d'être autre ; mais d'abord il fut autre. Ce n'est que peu à peu qu'il est entré dans les étroites voies et dans cette sorte d'impasse de la perfection. — L'œuvre, au moment où son auteur la produisit pour la première fois, n'avait pas épuisé son déve- loppement et la pâte encore en était active. Elle gardait un reste d'effort à dépenser. — Elle l'a employé à se rendre fatale. La nécessité peu à peu s'est établie au sein du drame imparfait, comme dans une solution se compose un cristal. Et ici il n'y avait qu'un mot à changer :

... rair brumeux, les labours ... Fair brumeux, les labours

frais... ^ gras...'

ailleurs c'était toute une phrase ; ailleurs il fallait donner aux mêmes mots une nouvelle distribution rythmique :

^e ne sais rien et je ne peux Je ne sais rien et je ne peux rien. Que dire f que faire f A rien. Que dire f que faire f quoi emploierai-je je ces mains A quoi emploierai-je ces qui pendent f ces pieds qui mains qui pendent, ces pieds m' emmènent comme les songes?* Qui m'emmènent comme le

songe nocturne f *

Ailleurs encore tout un passage voulait être remplacé. — Claudel est revenu dans son premier drame comme un jardi- nier soigneux qui revient appeler toutes ses plantes à l'épa- nouissement : les unes déjà fleurissent, et il les laisse ; d'autres n'ont qu'un petit mouvement à faire pour s'ouvrir, et U les touche avec science ; d'autres sont mal venues, il faut les arracher et leur substituer un nouveau plant... Quand plus tard

��' Tête-d'Or, p. 11.

» Ibid, p. 235.

' Ibid, p. II.

  • Ibid, p. 235.

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