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d'une section d*infanterie 469

artères pâlies par les petits calculs de l'intérêt privé. Les lobes des oreilles et les tempes brûlèrent. Un besoin d'ennemi naquit chez tous ces hommes dont la venette s'étayait sur la solidité du cadre.

Et tout à coup quelque chose tomba sur eux comme une poignée de sable. Tout au milieu du^ champ de manoeuvre, le lieutenant, debout sur ses étriers, à demi retourné sur sa selle et tenant haut les rênes, levait le poing droit ganté de brun en lançant des exclamations nerveuses. On fut un temps sans comprendre. Mais quand un des gradés se fiit mis à courir, une passion irrésistible comme la panique les saisit tous. Horreur d'être laissé en dehors, besoin désespéré de se sentir en nombre, au chaud des coudes serrés. Les hommes placés aux extrémités prirent le galop, talonnés par un vide démesuré. On se groupa vaille que vaille, en troupeau haletant que les sergents, pâles et stupéfaits, mordaient aux jambes.

L'officier s'assura d'un coup d'oeil que tout son monde était là, baissa la tête, cria :

— A genoux !

et en trois foulées de sa bête, se trouva placé derrière eux. Ils commencèrent un feu fictif, qui crépita d'une manière enfantine. Mais nul ne pensa à en sourire.

— Demi-section de gauche, face à gauche, à quatre cents mètres, sur la ligne des arbres, feu à volonté !

H fallut un eflFort de sang-froid afin de ne pas voir quelque chose, infanterie ou cavalerie, qui s'abritait der- rière les platanes d'une contre-allée pour tourner la petite section perdue au cœur du champ de tir.

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