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d'une section d'infanterie 467

mais eut comme résultat inattendu de remettre toutes choses à leur place ; chacun se retrouva, sans savoir comme, où il devait être.

Visiblement la section tirait la langue. Les taupinées se firent buttes devant les pieds, les nez prirent du poids. Le lieutenant arrêta court sa jument entre ses longues jambes et cria :

— Couchez-vous !

Sans quitter l'horizon du regard, et avec un accent tragique. La troupe se replia sur elle-même à la manière d'un chameau de bât. Les plus éreintés se vautrèrent avec des grognements. Les plus solides relevaient la tête pour tâcher de découvrir ce qui retenait fixement l'atten- tion de l'homme à cheval, et à quoi, finalement, l'on jouait. Ceux d'entre eux à qui la vie n'avait pas révélé les mille et une façons dont l'autorité doit dissimuler son obéissance passive aux besoins " d'en-bas ", ne virent que du feu.

Mais le lieutenant était déjà sur eux, penché sur sa selle et scrutant attentivement les visages. Il avait un curieux sourire, ce sourire d'homme à homme dont bien des femmes ont envié toute leur vie la bonté. Les sabots de sa jument frôlait les bras, mettant entre lui et chacun d'eux un rapport physique. Il souriait et se taisait. Il arriva au rôtisseur congestionné, une nappe de gaîté éclaircit son teint :

— Eh bien, le gros, là, vous n'êtes pas mort ? Que diable, à votre âge on est bien capable de courir cent mètres, quand bien même le ventre y serait...

Il eut son succès ; le gros se sentit flatteusement désigné à l'attention de tous ; il répondit indirectement

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