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d'une section* d'infanterie 453

fois est désormais et à jamais couché sur l'état des présents. C'est un stigmate plus indélébile que la marque sur le front. Si les narines sont prises, le cœur et la tête sont bien près de l'être.

Lorsqu'une colonne passe, le bon paysan de Limousin ou de Poitou qui la regarde défiler du fond de son labour, sent tout à coup quelque chose qui ondule autour de sa tête et le tire en avant. C'est l'Odeur qui arrive ; elle suit la troupe, elle se répand sur les côtés, et c'est elle qui fait se lever les hommes dans la poussière des derniers talons.

Elle attendait les réservistes. Devant la porte du Maga- sin veillait un relent de drap mouillé et de désinfectant. De celle du Bureau montait par respirations sourdes le goût chaud des boules de son, assaisonné d'une aigreur exci- tante de tabac noir. Le lavabo soufflait la lessive, l'armu- rerie mettait sous la langue une fadeur de métal blanc ; d'une chambre de sous-officier, rarement aérée, surgit un parfum perçant de réséda et de cigarette égyptienne. Mais ce qui dominait, c'était le suint d'homme, que la chaleur de septembre faisait mousser entre les murs blanchis.

Toutefois derrière la chambrée, il y avait la cantine, derrière les gradés, il y avait les bonnes histoires et l'In- ternationale. La nuit allait venir avec son intimité factice et commune. Et le miel de l'air n'était pas, après tout, plus poisseux que celui de par chez eux.

Même l'habillement n'y put rien. L'extinction des feux les trouva attifés d'une singvilière façon. L'uniforme n'est pas seulement une banale marque de corps, il est une discipline ajustée autour des poignets, du cou et des reins;

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