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d'une section d'infanterie 447

Son silence s'imposait en contraste avec l'allure jubi- larde du demi-peloton de l'active, rangé au repos en arrière de lui. Les têtes tondues viraient comme des boules sur des cous trapus, oxydés par le plein air. Les oreilles en anses de pots débordaient les képis de drap à-la-classe. Les pouces dans le ceinturon, et roulant d'un pied sur l'autre, ils goguenardaient devant les pékins aflfolés. C'étaient des paysans aux cuisses courtes, avec des carrures pour le labour, élargies par la capote aux basques retroussées, et des figures déployées d'enfants. Tout en eux tutoyait.

Le chef était droit sur des leggins serrés. Grand pied allongé de marcheur, jambes effilées, épaules tombantes. Le drap de sa vareuse mettait en relief la cambrure de son dos, la pèlerine roulée amplifiait le torse. Cet homme n'était point de là.

Quand il eut jugé que cela avait assez duré, il rejeta le pommeau de son sabre sur l'avant-bras gauche, se tourna vers un gradé et commanda à mi-voix :

" Rompez les faisceaux ! "

Un bruit de harnais et de métal sonna curieusement sur ce quai de gare. Il donna à quelques-uns, qui l'avaient entendu ailleurs, le pincement de la nuque qui accom- pagne les manoeuvres préliminaires aux trois sommations.

Un corps en armes n'a rien à faire dans le tissu lâche d'une foule. Il y entre trop facilement. Il n'a pas de mérite à le trancher. Il sent trop que la régularité de ses formations peut tout sur la puissance et sur l'émotion de l'autre. Si l'autre savait, elle n'en ferait qu'une bouchée. Mais le cœur de la pire ou de la plus belle révolution est

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