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��NOTES

��LA MAITRESSE SERVANTE, par S^érâme et Jean Tharaud (Emile Paul).

Il y a, dans le roman français, une tradition qui remonte à la Princesse de Clèves, et qui confère à ce genre littéraire une esthétique très ferme, très précise et très différente de celle du roman russe ou du roman anglais. Certains écrivains, et non des moindres, faut-il nommer Balzac et Flaubert ? voulu- rent y renoncer, et leur puissant génie put créer un genre nouveau à côté de l'ancien roman. Mais le goût français n'en est pas moins toujours revenu à ces récits généralement brefs, fortement construits et qui vont droit au but, où quelques personnages, aux traits rigoureusement accusés, ou délicate- ment nuancés, mais toujours précis, développent leur carac- tère avec logique, mettant en lumière par surcroît quelque problème moral. Dans ces oeuvres, la vie est observée, non dans ses détails, ni dans sa complexité, mais dans ses grandes lignes. Une intelligence y a mis de l'ordre et un certain ordre, et les vues profondes, les coups d'œil perçants que l'auteur peut y jeter dans l'âme humaine sont toujours nettement intelligibles. Cette technique s'applique aux inspirations les plus différentes : c'est celle de la Vie de Marianne, et celle d'Adolphe, celle de Dominique et celle des romans de Stendhal ; c'est celle de Colette Baudoche et de la Porte étroite. Elle s'accommode des traits les plus forts et les plus appuyés, comme des nuances les plus délicates. Mais elle est à l'opposé du désordre, parfois magnifique d'ailleurs des écrivains anglais et slaves. C'est à cette tradition qu'appartient le nou- veau roman de MM. Jérôme et Jean Tharaud. Comme il a

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