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PAYSAGE DE LA TRENTIEME ANNEE 359

poir et me jetai dans la neige à côté des blocs. Mais à ce moment précis je m'aperçus qu'ils étaient entièrement couverts de caractères d'im- primerie et la surprise dissipa aussitôt ma colère. Déjà je me trouvais assis à mon pupitre d'écolier, la tète entre mes mains, m'obstinant à déchiffrer ces textes impénétrables. " Tu ne comprendras jamais tout seul ", dit à côté de moi le petit Kây, revenu on ne sait comment, " et d'ailleurs ce n'est pas là que cela se trouve ! "... Ici les images se brouillèrent.

En me réveillant, je mis quelques minutes à savoir où j'étais, tant la conscience que je reprenais de la réalité se trouvait absorbée par le goût amer de la déception. Enfin mes yeux rencontrèrent un rayon de soleil. Il errait sur des vêtements sus- pendus au mur, qui exécutaient un lent mouve- ment de pendule. Ah oui ! — la cabine, mon voyage, le bateau, la banquise. — Nous devions être dégagés, à en juger par la régularité du va et vient de mes châles et de mon manteau. Comme je gagnai le pont, un peu plus tard, je trouvai le bâtiment plus bruyant et plus animé qu'une ruche. Je me rendis compte facilement que nous avions changé de direction, et que nous obliquions vers le sud-est. 11 n'y avait plus trace de banquise. Je m'affligeai de n'avoir pu aller jusqu'au bout de mon voyage. Tout là-haut, mon insatisfaction si souvent intolérable, m'eût paru plus nécessaire et

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