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Tu te livrais souvent à mon esprit mobile
Comme un roi méfiant suit un guide exalté;
Et tu t’abandonnais à ma rapidité;
Comme le voyageur important et pressé
Qu’on attend à midi au centre de la ville.
S’abandonne au plaisir, en passant devant l’Aube,
De se baigner dans l'eau tentante de l’été.

Et voilà qu’à notre amitié tu te dérobes,
Peut-être mécontent qu’après t’ avoir suivi.
J’aie poussé mon désir au-delà de ta vie
Et voulu regarder par delà ta raison.
Comme on a soif de l’eau absolue et glacée.
Même après avoir bu le vin le plus loyal.
Comme on veut quelquefois sortir de sa maison.
Même quand tout y sert le corps et la pensée.
Et comme, dédaignant la strophe commencée.
On veut anticiper le poème total.

Mais toi, que deviens-tu, ô jeune solitaire ?
Est-il vrai que lassé de chercher Dieu sur terre.
Tu lèves vaguement les yeux vers le ciel vide ;
Et que tu substitues lâchement, mon ami,
A notre intelligence ardente de la vie,
La méditation stérile de la mort ?
Ah, si tu as perdu ta force et ton courage.
S’il ne te souvient plus de notre grand accord.
Du moins ne maudis pas mon ardeur au voyage,
frère aîné, il faut aimer l’enfant prodigue.