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COVENTRY PATMORE 295

dix-neuvième siècle a produit comme récits en vers. Comparons un récit de Tennyson, " Lady Godiva " par exemple, aux récits de " L'Ange dans la Maison." Le poëme de Tennyson est essentiellement dramatique: mots mis à l'eiFet, rythme rompu à dessein, — une voix qui parle. Le récit de Coventry Patmore est chanté. Rien n'est plus loin de Tennyson et de Victor Hugo, et rien n'est plus près de Chauccr et de nos vieux romans en vers.' Quand on est resté quelque temps sans lire " L'Ange " on n'y peut pas songer sans entendre aussitôt un bourdonnement de musique.

Le second livre, " The Espousals ", parut en 1856. (Dans l'intervalle, le jour de No€l 1855, Peter George Patmore était mort.) Le silence de la presse fut un- anime. Mais l'impression produite sur les lettrés fut excellente ; et peu à peu le nombre des lecteurs de Patmore augmentait.

" Je suis charmé de ce que vous me dites, écrit-il en 1856 à Monckton Milnes, de l'influence grandissante de " l'Ange ". Le silence complet fait par la presse autour des " Epousailles ", comparé à ce que les hommes de lettres les plus fameux de l'Angleterre en disent et en écrivent entre euxy est tout à fait singulier et inattendu. Résolu à ne pas mourir de dignité, j'ai écrit à M. Reeve pour lui demander de me " lancer " un peu. A moins que r " Edimbourg ", la " Quarterly " ou le " Times " ne neutralisent le silence du reste de la presse en parlant de mon livre une vingtaine d'années avant le temps auquel d'ordinaire on commence à s'apercevoir de l'exis- tence de la bonne poésie, il y a des chances pour que les

  • Et surtout de Christine de Pisan.

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