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282 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

négateurs : la " Vie de Jésus " de Strauss et les " Mé- moires " de Blanco White. Mais déjà il avait fait tant de progrès dans le sentiment religieux que ces auteurs lui semblèrent être tout à fait à côté de la question qu'il voulait résoudre. Il se tourna donc vers les métaphysiciens et les exégètes, et lut les " Aids to reflection " de S. T. Coleridge ; Bunyan ; Leighton ; et Jeremy Taylor.

Cependant Tennyson avait publié son premier recueil de vers ^, et dans l'entourage du jeune Patmore, on était impatient de voir enfin ses poëmes chez les libraires. La matière d'un petit volume fut réunie ; Coventry écrivit, plus tôt qu'il n'aurait voulu, deux poëmes destinés à grossir le livre. Enfin, au début de la Saison de 1844, " Poems, by Coventry Patmore ", fut publié chez Moxon.

De tous les livres de Coventry Patmore, ce fut celui dont la publication fit le plus de bruit : la notoriété de son père lui valut des articles dans toutes les grandes revues : les amis et les indifférents applaudirent, et les ennemis ne laissèrent pas échapper l'occasion d'atteindre le père à travers le fils. Comme toujours, les critiques jouèrent au " jeu des influences ", comme si un premier livre ne pouvait pas n'être pas un reflet. Les uns font descendre Coventry Patmore des Lakistes ; d'autres attribuent le livre à Tennyson; on lui reproche d'imiter : Robert Brow- ning, Leigh Hunt, Barry Cornwall; on l'accuse d'être le dernier représentant de l'odieuse et grotesque lignée des " Keates " ^. Même les biographes de Coventry Patmore

• en 184.2. "Poems" en deux volumes. Deux plaquettes avaient précédé ce recueil.

  • En 1844, les grandes revues affectaient encore de ne pas savoir

écrire le nom de Keats.

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