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COVENTRY PATMORE 277

Comme écrivain, P. G. Patmore est classé : il appartient à l'école dite " Cockncy ", dont le seul grand représentant fut Charles Lamb. Littérature facile, agréable, essentiel- lement mondaine : anecdotes, traits, parodies, récits à clé — la littérature infiniment petite qu'en tous temps les grandes capitales ont produite. Spécialement, P. G. Pat- more représente le type, qu'on retrouve constamment dans l'histoire littéraire, du vulgarisateur et de l'écrivain à la mode : " à la mode " dans deux sens : il la suit des premiers et par là mérite que le public le suive. Ainsi : lorsque paraît un ouvrage à succès, l'écrivain à la mode s'empresse de refaire le même ouvrage, soit dans l'enthou- siasme d'avoir bien compris, soit parce que l'inventeur a laissé à glaner après lui, soit enfin tout simplement par habileté. Ainsi : après le succès éclatant et prolongé de " Rcjected Addresses " ^, collection de parodies très amu- santes des plus notoires poètes de l'époque, P. G. Patmore publie, en 1826, un recueil de " Rejected Articles". Le reste de son oeuvre est du journalisme brillant, agréable et fin. Son style est soigné comme l'était sa mise, et plein de dignité comme les cravates des beaux et des dandies ; mais c'est un style de seconde main. Jamais la pensée n'est assez forte pour communiquer sa vigueur à la phrase; et, pour tout dire, on sent un homme chez qui les lettres ne sont pas la passion dominante.

En tant qu'individu, P. G. Patmore est bien plus aimable. Il avait un goût fin et sûr ; il eut le courage d'exprimer son admiration pour Shelley et pour Words- worth à une époque (et dans des revues) où ces noms

' Par James et Horace Smith ( 1 8 1 2 ; dix-huit éditions entre 1812 «ï833-)

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