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238 LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE

de Rimbaud, un peu de Laforgue, et un soupçon de Barrés (le Barres du Culte du Moi), voilà trois influences caractéris- tiques que M. Léon-Paul Fargue a subies, et qui pourtant ne sont pas parvenues à fausser une sensibilité personnelle de la délicatesse la plus rare. Récits en prose, notes, digressions et vers, se succèdent dans le petit livre avec une désinvolture exquise ; l'affectation qui s'y montre est toute de parade ; elle n'entache pas d'insincérité la trouvaille, toujoursfraîche, impré- vue, piquante, dans les tours comme dans les mots.

Main charitable qui réchauffe L'autre main glacée chastement. Paille qu'un peu de soleil baise Devant la porte du mourant. Femme qu'on tient sans la serrer Comme l'oiseau ou bien l'épée. Bouche souriante de loin Qui veille à ce qu'on meure bien. Armée qui croit ne point déplaire Aux yeux de la reine amoureuse. Et redresse un peu sa longueur Et retient mal ses yeux tremblants.

��ou bien

��L'ami disait en pleurant Est-ce ivresse, est-ce bonté ? Est-ce que j'ai trop fumé ? La clarté me fait trembler. Voudrais-tu me consoler ?

��ou bien encore

��L'enfant pourra bien mourir S'il se fatigue à courir Parmi les objets aimés.

L'on écoute à la croisée Le pauvre faire sa cour

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